8 mai 2014

Les trésors de MARVEL



 Critique et descriptif :



 La première chose qui frappe avec ces « Trésors de MARVEL », c’est bien sûr la taille de l’ouvrage et son format des plus inhabituels : En effet le livre prend la forme d’un gros classeur aux pages étonnamment larges et relativement grande. Si d’un premier abord nous en sommes ravis, on comprend vite que la lecture ne sera pas évidente. Le faire tenir sur ses genoux est déjà une épreuve en soi, n’espérez pas non plus le maintenir en l’air, devant vos yeux, sous peine de se croire en pleine épreuve de Koh Lanta ! Aussi, il s’agira là d’une lecture à domicile, impossible à faire dans le métro, d’autant plus que tourner une page s’avère être compliqué ; format classeur oblige ! Mais finalement, le livre porte très bien son sous-titre : « Tout un musée dans un livre ». En effet, il est richement illustré et propose des fac-similés en bon nombres et d’une qualité certaine (voir détail en fin d’article) pour un texte d’une longueur correcte.
 


 Tout commence par une courte introduction présentant la célébrissime Maison des Idées et son aventure au fil des décennies. Une intro qui ne tarira pas des loges sur la suite de cette lecture et ventera déjà les mérite de l’ouvrage avec un peu trop d’entrain. La suite se divise en 7 chapitres qui retracera chaque décennie depuis les années 40 jusqu’aux récentes années 2000.


 

 Année 40 :


 Ici, la genèse de la firme nous est décrite en détails et on se prend déjà d’une passion certaine pour son histoire. A l’époque, on ne parle pas encore de MARVEL mais bien de Timely Comics. Nous sont introduits les comics de l’époque et nous comprenons immédiatement, avec un certain plaisir, que l’ouvrage ne s’attardera pas sur les super-héros et englobera toutes les œuvres de Marvel. En cette décennie, Timely propose une large palette de comics Sf, Western et aventuriers, propres aux modes de cette époque. Même les « Funny Animals » sont traités.

 Mais alors que DC comics, maison de Batman et Superman, introduit les super-héros dans la culture, Timely décide de suivre le mouvement. Ainsi naquirent dans un premier temps la Torche Humaine et Namor, dons les histoires s’inspirent directement de la terrible réalité de l’époque. Deux figures emblématiques qui ne tarderont pas à se rencontrer au sein d’une même aventure, donnant naissance à cette grande spécialité « Marvelienne ». Le texte s’attarde aussi sur des éros moins connus et relativement éphémère, une manière de nous faire découvrir quelques noms que certains lecteurs ignoraient jusqu’ici, à l’image de The Angel ou Red Raven. Vient ensuite la naissance du mythique Captain America et ses prouesses contre l’Allemagne Nazis.

 Narrant les péripéties des auteurs et dessinateurs de Timely, l’histoire nous conduit jusqu’à la première grande réunion de ses héros : « All Winner Squad »


Années 50 :

 Ce chapitre raconte bien entendu l’expansion inattendue des super-héros mais aussi la naissance d’un autre genre de comics qui fera mouche : le comics horrifique ! Beaucoup d’anciennes couvertures, toutes plus géniales les unes que les autres, nous sont alors offertes en illustration. Nous parlons aussi d’autres genres qui viendront étoffer le catalogue de Timely : le comics de guerre, le comics chevaleresque ou encore la grande mode des monstres géants qui viennent envahir les villes américaines ! Mais toute cette débandade de violence et de monstres ne sera pas du gout de tous et le gouvernement Américain adoptera la Comics Code Authority et ses règles très strictes.

 Enfin, quelques heures sombres nous sont décrites de par la chute du distributeur de Timely et la croyance soudaine que la maison devra mettre la clé sous la porte…


Années 60 :

  La firme renait de ses cendres et Timely devient Marvel ! Il y a tellement de chose à raconter sur cette décennie que les auteurs du présent livre nous offre là un chapitre qui ressemble à un triste résumé et parait bien pâle comparé aux chapitres précédents si riche de détails et d’anecdotes. La volonté de faire des chapitres de tailles égales se ressent et ne profite pas vraiment à l’ouvrage.

 Mais peu importe ! C’est avec une joie d’enfant que nous assistons, comme si nous étions, à la naissance des 4 fantastiques et leur succès incroyable. Puis c’est au tour Hulk, le très populaire Dr Jekyll et Mr Hyde des temps moderne. Puis coups sur coups, Spider-Man, Thor, Ant-Man, Dr Strange, Iron Man, Dardevil, Nick Fury etc… L’écurie Marvel se complète et le récit nous conduits en certains points culminants : la réunion des Avengers, la naissance des X-Men et l’univers des 4 fantastiques qui brille d’ingéniosité et donnera vie, au cours d’une trilogie emblématique, au légendaire Surfer d’Argent. Malgré l’aspect très « résumé » de ce chapitre, l’écriture nous plonge directement et de façon très ingénieuse dans les bureaux de Marvel où nous ressentons presque toute l’effervescence enthousiaste et l’ébullition créative des artistes qui s’avèrent être de grands enfants. Le succès de Marvel s’élargit et on commence à parler de merchandising.



 Années 70 :

 Jack Kirby quitte Marvel pour DC comics et c’est le grand coup de massue qui nous est ici décrit en détail. Heureusement, l’amendement du Comics Code va permettre aux artistes de se faire plaisir. Immédiatement, l’univers Marvel s’assombrit. Le Comics horrifique refait surface, vampires, loups-garous et zombies sont de la partie et s’en iront à la rencontre d’univers super-héroïques. Ainsi, Morbius et Ghost Rider verront le jour. Parallèlement, les comics « classique » de Marvel rivaliseront de rebondissement dramatique et l’univers se veut alors plus adulte. Aussi, les comics prendront une dimension plus astrale et mythologique et n’hésiteront pas à s’enfoncer dans un discours politique et à évoquer toute forme de violence.

 Gwen Stacy meurt, X-Men devient un conte sur l’intolérance et Marvel Girls, alias Jean Grey, devient le terrifiant Phénix…


Années 80 :

 Toujours plus sombre et plus violent, tels sont les mots d’ordres qui se verront porté par le personnage du Phénix, par les aventures dépressive et torturés de Spider-Man, par un Dardevil soudainement veuf, par la mort de Captain Marvel et par un comics édifiant : X-Men Days of Future Past…

 Marvel élargit encore et toujours son univers et les héros se font légende. Le comics gagne en réputation et sa place dans la littérature moderne se certifie. Marvel multiplie les plates-formes et le merchandising. C’est également la naissance officielle du Marvel Universe qui nous est introduite. Sur cette période, on notera aussi l’arrivée de Venom et She-Hulk.

 Dieu merci, toute cette obscurité s’apaisera grâce à Mary-Jane Watson et l’inoubliable mariage de cette dernière avec Peter Parker.


Années 90 :

 C’est tout un renouveau artistique qui nous est ici introduit et, sans le vouloir, les auteurs nous présentent un aspect très sombre de Marvel.

 Tout d’abord, la plupart des comics sont rebooté. La naissance du Marvel Universe intrigue et la firme ne veut pas se priver de nouveaux lecteurs qui pourraient se perdre dans toute cette masse d’histoires. Alors les mêmes intrigues sont de nouveau racontées… Encore et encore, sous différents aspects et de différents points de vus. Marvel entre en bourse et ne pense plus qu’à une chose : faire de l’argent. Non seulement elle refuse de créer de nouveaux personnages et se concentrent sur les héros existant depuis les années 60 en leurs attribuant des dizaines de séries parallèles, rémakées, rebootées (et tout et tout…) mais elle se lance dans la parution de numéros collectors. Un seul et même numéro peut alors paraitre en dix versions différentes. Seule la couverture change et les fans se précipitent dans ce gouffre à pognon. D’autant que Marvel offre maintenant des cartes de collection dans ses comics, si bien qu’il vous faudra acheter plusieurs fois le même numéro si vous souhaitez compléter votre collection de bouts de papiers.

  A ce stade, il est difficile d’éprouver encore de la sympathie pour Marvel ni même de l’intérêt pour sa créativité devenue inexistante (plutôt que de créer de nouveaux évènements dans son univers, la firme préfère jouer avec ceux qui ont marqués les lecteurs depuis près de 30 ans…) et on commence de s’agacer, d’autant plus quand nous connaissons le visage de Marvel dans les jours présents. Viennent alors les conventions, les restaurants et les parcs à thèmes. Stan Lee joue les dieux de la culture POP et le livre descend Marvel sans même s’en rendre compte…



 Année 2000 :

 Toujours sur le même ton, avec cette fois-ci une dimension encore plus axée dollars : le cinéma. De réussites comme X-men et Spider-man, en passant par des nanars comme les 4 fantastiques ou Elektra, le récit nous conduit inévitablement vers le « Marvel Cinematic Universe » ou la plus grosse arnaque de l’histoire de la POP culture… Dieu merci, côté comics, Marvel cherche de nouveaux à surprendre et quelques chefs d’œuvres voient le jour comme la série Civil War qui aura sût marquer les esprits !

 Enfin, un épilogue continu de nous vendre les mérite de la merveilleuse maison des idées en promettant un avenir riche et enthousiasmant. Sur ses mots, nous ne pensons qu’une chose : on verra.


 Dans l'ensemble, Les Trésors de Marvel est un ouvrage tout à fait fascinant qui soulèvera un intérêt certain auprès des fans et des curieux. Riche en détails historiques et en illustrations plus merveilleuses les unes que les autres, ce livre est un petit morceau d'histoire que nous lirons avec un immense plaisir !


 

Détails des fac-similés :

 

-Croquis de Namor et la Torche par Carl Pfeufer – 1941/42



-Cartes postales dessinées par Bill Everett et adressées à sa fille - 1956. Affiche pour une fête d’adieu organisée chez Timely – 1957



-Synopsis du premier numéro des 4 Fantastiques – 1961. Carte de Vœux à destination des membres du fan club.
 
 

-Kit de bienvenu (dont un autocollant) à la Marvel Marching Society




-Programme d’une convention de  1975. Insigne de campagne (autocollant) du canard Howard – 1976.

 

-Timbres de Collection à l’effigie des personnages de Marvel
 
 
 

-Le no-prize book de 82. Carte de visiteur Marvel. Faire Part pour le mariage de Spider-Man – 1987.
 

-Cartes à collectionner. Document attestant de l’ouverture de Marvel à l’investissement public.

 

-Carte complète du restaurant « Marvel Mania Hollywood ».

 

-Croquis pour le comics « Origin » - 2001 
 
 
 
 
 
 

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Critique de la novélisation du comics culte par Stuart Moore.
 
 
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Critique et détails des fac-similés.
 
 
 
 

1 commentaire:

  1. Il a l'air pas mal ce livre. Il va falloir que je le trouve rapidement. Tu viens de me sauver pour une idée de cadeau ! :)

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